Patrice et moi nous sommes connus au cours de nos études secondaires. Très rapidement nous sommes devenus amis.
Quand l’un d’entre nous était malheureux ou au contraire heureux, nous n’avions pas besoin de parler longuement pour comprendre exactement ce que l’autre ressentait et partager le bonheur de l’autre ou lui remonter le moral.
Lorsque Patrice m’a annoncé son départ pour les Etats-Unis, j’aurais dû lui crier de rester ici, mais bon, peut-on empêcher ceux qu’on aime de vivre leur vie ?
Au vu de son enthousiasme, je n’ai pu que le féliciter pour cette opportunité.
Mais il me manquait vraiment énormément.
Comme je le savais heureux là-bas, même si c’était à des milliers de kilomètres de moi, je ne pouvais que me réjouir pour lui.
Depuis ce 11 septembre maudit, je ne cesse de penser à lui, de relire ses cartes et de regarder des photos de lui.
Patrice, te l’ai-je seulement dit à quel point je tenais à toi et te considérais comme mon seul véritable ami ?
Tu as toujours été à l’écoute sans me juger, tu étais là pour me consoler.
Et c’est toi aussi qui m’a appris ce que c’était que de s’amuser, toi qui aimais tant la vie et qui la vivais pleinement.
Tu as d’ailleurs été mon parrain de baptême, et qui dit baptême dit aussi apprendre à boire.
Tu te souviens, on avait vidé une bonne partie du bar de tes parents et deux bouteilles de leur meilleur champagne pendant leurs vacances !
Dans le registre guindaille encore, il n’y avait pas meilleur danseur de rock’n roll que toi ; parce que, oui, à la « Jefke », à notre époque, ce genre de musique passait encore.
A propos de TD, je ne peux m’empêcher de repenser à cette soirée où nous avions entraîné Patrick, mon frère. Celui-ci était, disons, un peu « lancé ».
Pour le remettre sur pied, tu avais apporté deux hamburgers.
Rien que l’odeur de graisse lui donnait la nausée.
Avec ton humour habituel, je t’entends encore me dire : « Bah, mangeons les nous alors, et on ramassera Patrick après… ». Toute la nuit, on a eu des fou-rires mémorables.
Et bien tu vois, quand je pense à tout ça, je ne peux toujours pas croire que tu n’es plus là.
C’est vraiment injuste. Tu étais idéaliste et bon.
Je ne souhaite pas ici faire ton éloge et en rajouter mais, sincèrement, des défauts, j’ai beau chercher, je ne t’en trouve pas !
Une dernière chose, toi qui as été le témoin de tant de choses et, notamment, de mon mariage, je regrette tellement que tu n’aies pas rencontré mon petit garçon, Maxime, adorable petit bout de seize mois.
C’est la raison pour laquelle, Christophe et moi, nous espérons que tu apprendras à mieux le connaître à travers te parents.
Pour terminer, je voudrais simplement te dire merci, merci pour ton amitié.
Jöelle